Le déclin des empires commence par l’immigration
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Les politiques d’immigration rigides et la propagation de la misère chez les autres ont toujours aidé la chute des empires. Une assertion ahurissante qui pourtant se vérifie dans le temps. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, serait on tenter de dire, pour peu que l’on ait connaissance du passé, pour pouvoir faire des parallèles avec le présent et le futur. Les termes, Immigration, émigration, globalisation, intégration des étrangers, libre-circulation des personnes, qui font la une des journaux dans les 4 coins du monde, ne sont pas des concepts nouveaux.
A partir du moment où les êtres humains ce sont sédentarisés, pour bâtir un semblant de civilisation avec son corollaire identitaire, il s’est posé le problème de l’étranger de sa méfiance envers celui que l’on ne connaît pas ou de l’hospitalité envers l’autre. Le lustre de l’Egypte antique dans une ère dominée par l’obscurantisme des peuples qui l’entourait, est la raison principale de son déclin.
Dans l’histoire de l’humanité la misère n’a jamais fait bon ménage avec l’opulence, l’écart entre les riches et les misérables, défini par le paradigme dominant a toujours à terme conduit à la décadence des grandes civilisations. Les nations dites civilisées en se sentant assez fortes pour prendre possession des autres aires géographiques, pour exploiter et assimiler des peuples, créent toujours une catégorisation sectaire définissant ceux qui ont, et ceux qui n’ont pas. Ceux qui appartiennent à un idéal, et de ceux qui en sont exclus. Cette tendance à terme fini par engendrer un marasme social, qui a toujours conduit à leur chute. Surtout que la civilisation de l’incivilité caractérisé par le mépris pour la vie des autres et des génocides qui ont souvent été monnaie courante ont toujours imprégné le dédain durable de l’empire, dans la conscience des peuples soumis. Après, analyse des faits historiques, la colonisation a toujours généré au final un déclin lent mais certain, des grands empires ; et avec l’évolution actuelle et la propagation rapide de l’information qui affecte le comportement des masses, les déclins qui attendaient des milliers d’années avant de se produire, ne prennent plus que quelques siècles. Dans l’Antiquité, la perception d’une étrangeté irréductible est à l’origine du terme « barbare », que les Grecs attribuèrent à quiconque parlaient une langue incompréhensible par eux. Ce concept fut repris par les Romains, qui bâtirent un empire autour de la Méditerranée, et facilitèrent les migrations dans cet espace, que ce soit parmi les élites aspirant à la citoyenneté romaine ou les esclaves venus de tout l’Empire et au-delà.
Mais, dans le même temps, les romains cherchèrent à limiter les intrusions extérieures des peuples qu’ils n’avaient pas pu dominer, comme les Germains, les Pictes, les Maures, et bien d’autres, construisant pour ce dessein des barrières fortifiées comme le mur d’Adrien, en grande Bretagne. La construction du mur de Berlin, du mur de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, ou les murailles barbelées de l’enclave de Melilla entre l’Afrique et l’Occident, de notre époque reprennent simplement les idées d’intolérance envers les autres peuples, à cause des standards que les nations dites civilisées se sont attribuées à elles-mêmes et aux autres. Le facteur humain est déterminant dans l’implosion des empires, car le mécontentement général entraine la désobéissance à l’ordre établi qui elle conduit à la sclérose de l’empire, qui finit par tomber comme un fruit mûr . La politique des empires depuis au moins la Rome antique, est d’exploiter les colonies. De créer une frontière aussi bien entre les pays qu’ entre les hommes.
En règle générale, les populations des nations colonisées ou exploitées font face à des difficultés d’ordre sociales et économiques, par ce que leurs ressources sont vampirisées par l’empire, il y a par conséquent un climat de désaveux et d’impopularité de la puissance dominante, qui crée des rancœurs, qui générations après générations se trouvent ancrées dans la conscience des populations colonisées. Les membres de ces peuplades mécontentes paradoxalement forment souvent le gros de la population de l’empire qu’ils soient citoyens de la métropole ou pas.
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Jusqu’en l’an 212 après Jésus-Christ, il n’y avait pas d’étrangers au sein de l’Empire romain. La seule distinction était faite entre les citoyens romains, privilégiés, et les indigènes. Le citoyen romain se sentait à la maison aussi bien à Rome que dans les autres provinces de l’Empire. Il possédait certains droits spécifiques, notamment en matière de contrats marchands. Situation similaire avec par exemple les citoyens occidentaux en Afrique, où ils se sentent à l’aise car tout ou presque leur est permis, disposant d’une monnaie plus forte comme l’Euro ou le Dollar face au Franc CFA leur permet d’avoir un train de vie princier. Dans le sens inverse les ressortissants des pays colonisés pour ceux qui ont la chance de séjourner en Occident sont souvent sans papiers ; ce qui sous-entend qu’ils ont moins de droits que leur contre part occidentale, et mieux mêmes en cas de naissance sur les terres occidentales, ou en cas de conformité avec la législation les ressortissants des pays marqués par la colonisation de l’empire n’ont pas toujours les mêmes droits car il subissent toute sorte de discrimination à cause de leur origine. Le ressentiment des populations, induit par les politiques méprisantes de l’empire est une bombe temporelle, qui conduit à la radicalisation des consciences. Alors que son déclin était imminent l’empire romain prendra quelques mesures pour revoir les lois discriminatoires qui avaient marqués son empire pendant plus de 500 ans. Hélas il sera trop tard et ceci ne précipitera que sa chute. Dès l’an 212. Après des décennies de politique dites d’intégration le droit de citoyenneté fut accordé à tous ceux qui vivaient dans la métropole à l’exclusion des esclaves. Cette décision qui selon les autorités romaines devait fortifier l’empire qui était en proie à plusieurs guerres intestines et étrangères, lui asséna plutôt le coup de grâce. Rome était considéré comme la place de choix. Les gens n’y allaient pas par ce qu’ils étaient attachés à un idéal citoyen, mais simplement par ce qu’ils voulaient profiter de ce que leur octroyait Rome, du point de vue matériel et social. Et pire à cause du mauvais traitement que les nouveaux romains avaient subi depuis des générations beaucoup avaient des rancœurs et estimaient qu’ils ne pouvaient pas sacrifier leur vie pour sauver un empire qui avait eu autant de condescendance envers eux ou leurs parents.
Au 3 siècle de l’ ère actuelle, alors que Rome était de plus en plus attaquée plusieurs citoyens refusaient de s’engager dans les légions romaines. Si la menace de les rétrograder en esclave en cas de non déclaration de leur personne lors des recensements devaient les motiver, ils n’étaient pas moins timides lorsqu’il fallait aller au combat.
Cependant, Malgré une politique sociale violente en partie dû à l’air du temps, l’empire Romain a réalisé bien plus sur le plan infrastructurel que les différentes entités que l’on peut taxer d’empire occidental qui depuis l’esclavage transatlantique dominent les affaires du monde. De la Turquie à l’Afrique du Nord, en passant par le Portugal, la Grande-Bretagne, l’Allemagne actuelle ou les côtes de la Mer Noire, l’Empire romain avait totalement intégré ses provinces à ses standards de vie, construisant réseaux routiers et infrastructures, influençant les systèmes scolaires et introduisant les langues (latin et grec), tout en structurant les armées, et le droit régissant les sociétés.
Dans le dessein de contrôler sa population l’empire Roman eut recours à des déportations de masses de certains peuples qu’il installa où bon lui semblait, souvent pour mater les rébellions, ou influencer le tissu social un peu comme le firent des milliers d’année plus tard le gouvernement américain qui entassa les amérindiens dans des réserves arides , ou encore les autorités coloniales occidentales qui en Afrique déportèrent souvent des leaders ethniques et leurs familles dans d’autres coins de leur empire colonial. De nos jours les autorités Occidentales s’accordent depuis à récupérer les populations des pays auxquels ils font la guerre, comme la Syrie. En 2015 Le gouvernement Merkel en Allemagne, répondit favorablement aux pressions des lobbies des employeurs qui reniflaient l’aubaine que pouvait leur donner une main d’œuvre bon marché faites de réfugiés de guerre.
En, 378 après l’installation forcée des Goths, autonomes et armés, sur le sol de l’Empire, et leur mutinerie à Andrinople (Turquie, actuelle) qui provoqua l’un des plus grands désastres militaires romains, le gouvernement dépassé par les événements renonça à gérer l’entrée de la main-d’œuvre barbare dans l’empire comme il l’avait fait pendant des siècles, l’inefficacité de sa politique d’immigration entraîna de fait l’évanouissement de l’autorité romaine dans les provinces. Cette incapacité impériale devait signer la perte d’autorité de l’Empire, en faisant éclater la notion de territoire romain, opposé au monde dit barbare, qui avait tout au long des siècles maîtrisé les tactiques de l’adversaire colonial, et retourné les armes qu’il avait reçu souvent sous l’emprise de la brimade contre Rome. Le monde occidental dispose d’assez d’éléments pour savoir les raisons de la chute de l’empire romain auquel il essaye depuis de ressembler en corrigeant les erreurs de ce dernier en utilisant plusieurs stratagèmes.
De prime abord les occidentaux ont compris qu’il fallait exploiter sans développer ; car en développant les contrées sous leur joug ils créent des adversaires potentiels qui ont la capacité de maîtriser le savoir et de se retourner contre eux. C’est pourquoi les occidentaux influencent le type d’enseignement qui favorise l’administration au dépend de l’ingénierie aux populations sous leur domination pour limiter leur capacité de production, d’utilisation de leurs ressources et de concurrence sur le marché mondial. Dans des pays comme l’Afrique du Sud elle a créé une langue différente de la leur pour mettre un voile sous les yeux des populations indigènes et les confiner au sous-développement. Sous le plan politique l’occident s’arrange depuis à avoir des dirigeants qui lui sont soumis pour sauvegarder son influence profiteuse. Sur le plan psychologique l’occident s’est inspiré de l’une des causes de la chute de la Rome antique à savoir la propagation du christianisme. Il est évident qu’a un moment donné, les citoyens de la Rome antique étaient plus préoccupés par les affaires du ciel au lieu de se concentrer sur les défis auxquelles leur nation et eux-mêmes faisaient face sur terre avec la pléiade d’invasions que l’empire subissait. De la même manière les forces impériales de l’occident ce sont depuis attablées à paupériser les esprits des populations de leurs dominions, afin que ces derniers ne s’occupent pas des affaires terriennes mais divines. La foi en un idéal chrétien ou musulman les empêchant souvent de réfléchir de manière énergique à leur devenir et à la construction des nations riches et prospères. Quand tout est remis à Dieu il reste très peu aux hommes à faire, y compris pour leur propre liberté Tout comme la Rome antique ne lésina pas sur les moyens pour attirer les cerveaux des régions qu’elle dominait, c’est ainsi par exemple que la technologie de la verrerie ou de la chirurgie maternelle y fut introduite à partir de verriers égyptiens et des scientistes africains, l’empire occidental exploite sans vergogne les ressources humaines des pays qu’il domine. La fuite de cerveaux est encouragée par un mécanisme socioéconomique complexe. La précarité de la vie dans les tropiques, sert à terme à vampiriser les pays des élites qui peuvent imprégner un changement de la condition humaine sous les tropiques, tandis que les lois rigides qui favorisent la pléthore de sans-papiers dans les métropoles occidentales créé une main d’œuvre esclave, qui par le travail au noir contribue grandement à l’économie, sans recevoir en retour la moindre couverture sociale, ou des salaires conséquents comme la caste de citoyens métropolitains.
Au demeurant, comme le souligne Michel De Jaeghere dans son ouvrage Les Derniers Jours. La Fin de l'Empire romain d'Occident, il est illusoire de prétendre faire subsister une zone de civilisation entourée d'une périphérie livrée à l'anarchie et à la misère. Parce que la prospérité attirera toujours irrésistiblement vers elle les populations qui en ont connaissance. Les grands empires multinationaux ne valent rien dans la défense. Ils excellent à s'étendre, tant qu'ils sont portés par le caractère irrésistible que leur puissance semble donner à leur domination, à savoir la richesse et le prestige tiré de l’exploitation des ressources que leur procurent leurs annexions et leur droit d’ingérence . Mais ils sont incapables de susciter dans leur population le dévouement que l'attachement sentimental à une patrie charnelle peut seul inspirer à des citoyens. Leurs habitants peuvent leur être attachés tant qu'ils procurent la prospérité, la paix, le bien-être. Mais ils n'accepteront que rarement de remettre en question le confort que l’empire leur apporte en sacrifiant leur vie pour sa défense. Ces empires sont donc condamnés à la conquête perpétuelle, qui sous-entend guerre perpétuelle ou au dépérissement, voire les deux. Ce constat sans ambages, révèle les intentions claires de l’empire occidental qui depuis s’est engagé dans une guerre globale pour retarder l’échéance de son déclin, l’islamisme qu’elle a créé par le mécontentement que ses politiques ont suscité au Moyen Orient, ainsi que sa main mise dans le commerce des armes, et ses relations opaques avec les sponsors du terrorisme comme l’Arabie Saoudite tend à conforter les thèses d’une géhenne voulue pour maintenir le statu quo. Cependant, la faillite est inéluctable, la panique que la Chine semble susciter et la réaffirmation de la Russie en tant que puissance militaire sont les signes avant-coureurs du déclin certain du bloc occidental, qui s’il veut survivre n’aura pas d’autre choix mais de s’allier aux nations qu’il a toujours combattu pas pour rester leader, mais pour au moins survivre. Mais comme dans le passé, si cette théorie de survie est pragmatique, elle n’a aucune chance d’aboutir car d’un côté il y a l’orgueil de l’empire en déclin et de l’autre la rancœur de ses victimes… Lire plus Sur www.flashmag.net
Hubert Marlin
Journaliste